La fête des pères...
Cela fait plus de quatre mois qu'on a pas eu l'occasion de pouvoir se voir en réel.
Quatre mois, ça fait long et ça se ressent bien autant pour lui que pour moi. Depuis quelques mois, Maître arrive mieux à adapter le suivi à la distance et l'impossibilité de pouvoir se voir. Lui qui a tend de mal à cela, ça m'a surprise.
Il est vrai qu'on a pu rencontré certains obstacles à surmonter, chacun de notre côté. Bien entendu, au mieux que je pouvais, j'ai toujours soutenu Maître au mieux que je pouvais et vice versa. Même si c'est difficile, c'est grâce à cette patience et ce soutien qu'on arrive à tenir le cap malgré tout.
Chacun à notre façon, le suivi nous permet comme de faire une parenthèse de nos vies quotidiennes respectives et de se concentrer sur nos besoins de Domination/soumission.
Cela fait environ un mois que c'était prévu : exceptionnellement, Maître passe le week-end chez moi, du vendredi soir au lundi matin. Il est convenu qu'on puisse se voir uniquement en semaine, afin de respecter la vie privée de chacun. En moyenne, c'est une demie journée ou une journée. Le temps était très court, on va quasiment à l'essentiel dans ces moments là. Dans ces moments là, les heures défilent encore plus vite que lorsqu'on peut regarder le paysage depuis un wagon de TGV....
Là nous avons la chance de pouvoir se voir un peu plus de 48 heures.
En toute logique, j'aurais dû sauté de joie.... Certes, oui mais pas totalement.
J'ai certaines appréhensions tout de même. Ma difficulté est de pouvoir rester "à ma place" envers Maître, sans que cela se remarque auprès de ma famille ou mes proches. Ma famille est aussi importante que Maître. Dans ma nature, malgré mon tempérament, j'ai conscience que j'ai un côté serviable (cela fait partie aussi des caractéristiques de mon signe astrologique). Ma problématique est de savoir faire le juste milieu entre Maître et ma famille. Faire la distinction entre mes pratiques BDSM et ma vie vanille, c'est aussi important pour moi.
Relevant que le suivi a évolué entre Maître et moi, je sais d'avance qu'il me sera difficile de répondre à tout cela et de pouvoir contenter tout le monde, sans exception.
Etant venu de temps en temps en leur présence, mes enfants et Maître se connaissent et nous avons déjà passés du temps ensemble également. Pour les enfants, c'est un "copain" de maman. C'est très bien ainsi.
Les personnes à qui j'ai parlé de Maître, de façon directe ou pas, on peut les compter sur les doigts d'une main. En moyenne, ce sont des personnes de confiance. Ce sont des personnes pour qui je suis sûre de ne pas me faire juger. Taquiner, sûrement mais pas juger.
Depuis le décès de mon père, mon rythme de vie a légèrement changé. Mon frère et moi passons plus de temps ensemble, quotidiennement. Peu après les funérailles, je me suis décidée de parler de Maître à mon frère. Bien entendu, je suis restée uniquement dans les grandes lignes. Je comptais aussi en parler vaguement à mon père mais j'en ai pas eu le temps.
Recevoir Maître tout en un week-end, cela signifiait que je devais adapter mon comportement non seulement en présence des enfants mais aussi en présence de mon frère. Il y a des signes que des adultes perçoivent contrairement aux enfants. Hors de question que mon frère les perçoivent. Ca ne le regarde pas. Je sais qu'il n'a pas l'esprit assez ouvert pour que je puisse avoir un comportement majoritaire de soumise. Pas le choix, je vais devoir prioriser, en sa présence, mon coté vanille pour ne pas éveiller les soupçons mais je sais d'avance que Maître ne va pas l'entendre ainsi.
La dernière soirée où Maître a pu venir, mon quotidien est resté le même : mon frère était présent au repas du soir avec les enfants.
Maître n'a pas l'habitude de mon côté serviable dans ma vie quotidienne : il n'a pas attendu pour m'en faire part dès que nous avons pu avoir plus d'intimité. Ce que je craignais été arrivé : Maître avait l'impression que j'étais plus serviable envers ma famille que lui-même... J'ai pu être reprise pour cette soirée... Là : qu'est ce que ça va être pour tout un week-end où il y aura deux dîners à surmonter ?
Sans grande surprise, j'ai eu beaucoup de pression et cela s'est bien ressenti.
Sans s'en rendre compte, le comportement des enfants mettaient ma patience à rude épreuve. Les nerfs sont montés crescendo tout au long du repas. A la fin du repas, mon aîné a eu une réaction qui remettait en doute ma crédibilité de maman envers son frère. Ca a été la goutte en trop. J'ai littéralement explosé. Sur le coup, personne a compris. Ce genre de débordement, cela peut faire partie de mon quotidien de temps en temps.
C'est une partie que Maître pouvait connaître de loin, quand je lui en faisais le résumé à distance mais sans le vivre et ça m'allait très bien ainsi. Je n'avais aucune envie que Maître me connaisse dans mon côté sombre de ma vie vanille. C'est loupé !
Finalement, les garçons sont sortis en bonne partie de la soirée, comme ça peut arriver régulièrement quand on en a la possibilité. Cette activité pouvait se faire sans moi, sans souci. Tout le monde se doutait bien que je n'avais pas envie "de sortir".
Quand je monte en pression comme ça, il me faut un certain pour que les nerfs retombent. Là, c'était encore pire : je n'étais pas du tout fière d'avoir agi devant Maître. Faisant la distinction entre mon mode vanille et mon mode Ds, à mon sens, c'est un comportement vanille qu'il n'avait pas besoin de voir ni de vivre et bien entendu, ce n'était pas un comportement adapté pour mon statut.
Je cache pas que j'étais plus à l'aise dès qu'on a pu se retrouver complétement seuls. Me ressentir à nouveau au bon vouloir de Maître m'a beaucoup aidé. Il y avait un autre point qui me dérangeait et qui m'empêchait de redescendre totalement et/ou de profiter totalement. Sachant que les garçons étaient de sortie, ca signifiait qu'on allait pas pouvoir être complètement tranquille et donc qu'on allait pas pouvoir profiter tant que ça.
Maître a fait au mieux qu'il pouvoir et idem pour moi. Il fallait tout de même attendre le retour des garçons pour oser "se lâcher" dans nos pratiques. Ma problématique est que je savais que Maître allait fatigué d'ici là donc c'était peine perdue. Ca aurait plus pratique s'il n'y aurait eu que le grand qui serait sorti. On aurait pas été obligé de se mesurer et d'attendre que je puisse faire mon rôle de maman dans ma vie quotidienne, en couchant le plus jeune.
Cerise sur le gâteau, les garçons sont rentrés que tard que d'habitude. Ce coup-ci, c'était vraiment foutu : je savais pertinemment que Maître n'était pas en état pour pouvoir en profiter comme on aurait dû.
Prenant compte de mon comportement en début de soirée, j'ai fait au mieux pour prendre un maximum sur moi. Je ne voulais pas décevoir Maître qui s'était adapté en prenant compte de toutes les circonstances et les "handicaps" de ma vie vanille. A mon sens, même si ça c'était bien passé, je n'avais qu'une pensée en tête : le comportement des garçons m'avait gâché mon week-end, quoiqu'il en soit !
Comme je le savais : Maître s'est endormi très rapidement contrairement à moi. Je savais aussi que j'allais m'endormir frustrée et en partie déçue, psychologiquement parlant et donc que j'allais surement me réveiller dans la même humeur le lendemain matin.
Quelques parties de poker pour m'évader l'esprit et croiser les doigts pour que je me trompe sur mes prévisions d'humeur.
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