Craquage
En milieu de soirée, Maître prend la température de mon état. Il sait qu'en ce moment, moralement, c'est pas le top. Côté privé, j'ai connu mieux (tant pour la vie privée que pour le côté professionnel). Je suis assez tendue mais cette fin de semaine encore plus.
J'ai réussi à garder mes nerfs mais là, je craque.
Je fais part à Maître que oui, je suis blasée... blasée par tout. Blasée parce que finalement on a pas pu aller à ce fameux week-end (alors qu'il y a quelques semaines, c'était encore possible), blasée parce qu'on a pas pu se voir, blasée parce que le petit est bien pris et je sais qu'il va mettre du temps à s'en remettre. Donc oui, le week-end va être tout sauf bien...
Maître était ravi de m'annoncer, ce qui était censé être une bonne nouvelle de base : il avait pu échangé avec son épouse et se libérer pour vendredi prochain.
Mes émotions ont repris le dessus, les nerfs ont lâchés. Au lieu de rester positive et être reconnaissante, ma franchise a pris le pas. Je lui ai répondu que j'avais peu d'espoir que le petit soit remis d'ici là et le temps écourté lorsque Maître vient le vendredi soir.
Petite parenthèse...
Maître me dit souvent qu'il peut venir tel week-end, quand l'occasion se présente. Sauf qu'on a pas la même notion de week-end.
A mon sens, quand on me dit "je peux venir ce week-end", c'est le week-end complet, pas qu'une partie. Quand Maître dit qu'il peut se libérer un week-end, en fait, il peut venir du vendredi soir (entre 18h et 21h en moyenne) et repartir le samedi matin (entre 9h et 10h maximum). Ces tranches horaires faisant partie du week-end, pour lui, c'est le week-end.
Logiquement, il devrait pas me dire parler de week-end mais uniquement de vendredi soir. Ca serait plus réaliste et plus lucide.
Fin de la petite parenthèse...
Dans la semaine, au téléphone, il m'avait fait part qu'il ferait au mieux pour s'arranger, pour se libérer le week-end d'après, si possible avec le petit détail qui me tue à chaque fois mais où je prends sur moi "je partirais pas trop tard, comme les autres fois". Traduction : je viendrais le vendredi soir et je partirais samedi matin avant 10h (pour ne pas trop impacté son week-end vanille et l'entente convenue avec son épouse concernant nos entrevues en réel. Rappelons que l'entente est qu'elle tolère qu'on puisse se voir en semaine mais que les week-ends soient uniquement pour leur couple... Chose que je peux amplement comprendre en me mettant à sa place et que j'ai accepté dès le début de la prise en main). J'ai bien conscience que lorsqu'il vient le vendredi soir, c'est sa femme qui fait une exception parce qu'elle sait qu'il rentrera pour le repas du midi le lendemain.
A son annonce de sa soi-disant bonne nouvelle, je lui rappelle que lorsqu'il vient le vendredi soir, le temps est très court, voir même plus écourté que lorsqu'on se voit toute une journée en semaine. Je lui rappelle que lorsqu'il vient le vendredi soir, on a que 2h ou 3h pour nous alors qu'en semaine, on a environ une journée de 7h en moyenne.
Il est certain en 6h ou 7h, on a plus de temps notamment pour nos pratiques. J'ai évité de rappeler que lorsqu'on se voit en semaine, il est plus probable que nous ayons plus d'intimité puisque les enfants sont à l'école, contrairement au "week-end". En sommes, en une soirée qui dure en moyenne 2h avant que Maître s'endorme, on a le temps de rien et on est contraint par la présence des enfants.
Pensant uniquement à ses efforts fournis pour convaincre sa femme de le laisser venir en dehors de la semaine, Maître n'a pas tenu compte de l'analyse de mes ressentis. Quand il m'a dit qu'il allait voir pour se voir et compenser le week-end dernier, je savais d'avance que ça n'allait pas être le week-end complet (comme prévu de base).
Ma franchise l'a blessé : il était si heureux de pouvoir venir, qu'on puisse se voir alors que j'étais aveuglé par le temps imparti très court et contraignant. Il l'a très mal pris mes propos et a commencé à se renfermer sur lui-même.
A son tour, il m'a rappelé qu'il ne m'avait pas dit qu'il partait samedi matin. Il s'était arrangé pour qu'on puisse manger ensemble (sous entendu, partir après le repas). Il n'a pas compris que oui, ça prolonge un peu de temps passé ensemble mais que ça n'est pas un week-end quand-même et que de base, le week-end prévu du week-end dernier pour rejoindre les autres pratiquants BDSM, c'était bien un week-end complet du vendredi soir au dimanche après-midi.
Sans oublier, que prolonger sa présence pour manger ensemble un samedi midi, ce n'est pas du temps "BDSM". En restant après le repas, ça signifie qu'après être sorti de la chambre après le réveil C'est du temps vanille en présence physique avec mes enfants.
On a pas besoin de plus de temps vanille : on en a amplement dans notre vie quotidienne. Ce dont j'ai besoin c'est d'avoir du temps pour "nous", du temps en tant que Maître et soumise.
Soit c'est le manque de nos réels n'est pas le même, soit nos besoins ne sont pas les même et je me serais trompée à ce sujet.
On en reparlé plus tard. Il m'a bien confirmé qu'il pourrait partir un peu plus tard que d'habitude : soit en fin de matinée, soit après le repas. Conclusion : ce n'est toujours pas un week-end complet mais uniquement le début de week-end.
J'en suis arrivée à me demander s'il fallait que je me remette en question sur mes besoins et les siens, toujours dans le but de mieux le satisfaire et surtout éviter que mon comportement où ma sincérité le blesse.
Pour sûr, je sais que ma réaction l'a déçu : y'a rien de pire que décevoir Maître pour moi. Cela signifie que je n'ai pas su rester à ma place, que je n'ai pas su être à la hauteur de ses attentes d'une manière ou d'une autre. C'est la pire des choses pour moi.
Je sais qu'il y a le manque de présence physique, mon état moral qui est en dent de scie avec les épreuves que je traverse dans ma vie privée actuellement mais il va falloir que je réfléchisse pour éviter que ça se reproduise et surtout que j'arrive à retourner ma positive attitude : voir et prendre en considération avant tout les côtés positifs au lieu d'accord plus d'importance aux côtés négatifs. C'est pas comme si je savais pertinemment qu'on aura jamais un week-end complet que pour nous.
En effet, j'ai pu déballer mon sac et ce que j'avais sur le cœur à ce moment là mais à quel prix... Je vais croiser les doigts pour que Maître me pardonne et que mes nerfs redescendent d'ici là.

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