Quand la soumise fait évoluer son Maître

Malgré les complications privées et professionnelles, mon suivi/éducation a évolué... et pas qu'un peu. 

Ceux qui me connaissent savent que je suis de nature brat (c'est pas comme si je peux le dire et redire à travers plusieurs articles). J'en suis pas forcément fière mais je suis ainsi. 
Avec le temps et le recul, j'admets que je peux avoir un petit côté provocateur. Petit ? Euh, bon d'accord, pas si petit que ça. 
Maître s'en est rendu compte assez rapidement à la prise en main : oui,  je sais bien provoquer et comme toute personne brat, si on ne m'arrête pas, je peux pousser jusqu'à la remise en place, voir parfois la punition. 
Bien entendu, Maître a fait le nécessaire pour que (comme je le dis souvent) le côté brat prenne des vacances pour laisser place à plus de docilité et d'obéissance. C'est ce que lui appelle plus communément "raccourcir" ou "maintenir" la laisse : que ça soit le cas en réel ou de façon plus imager à distance. 

Comme j'ai pu en parler lors de l'article précédent, suite à des hauts et des bas dans ma vie privée ces derniers mois, mon moral est aussi en dent de scie. Au quotidien, je fais au mieux pour ne pas le montrer. Il faut que je garde un self contrôle tant professionnellement que dans mon rôle de parent. 
Je ne suis pas surhumaine et j'en ai conscience : comme chacun d'entre nous, j'ai besoin aussi de souffler, évacuer cette tension, m'évader, me détendre. Pour beaucoup, ça va se compenser par un loisir, une activité sportive, cuisiner, des sorties, la famille, la télévision/cinéma/plateforme de séries, des jeux vidéos... J'ai aussi tout ça mais ce qui m'aide par dessus tout à relâcher c'est la D/s. 

Me sentir à la mercie de Maître, ressentir son autorité, ressentir son contrôle, ressentir son suivi me permet de tout oublier et de lâcher prise psychologiquement. Si j'arrive à relâcher psychologiquement, le reste suivra. 
A la fin de l'année 2021, Maître s'est rendu compte qu'il y avait un besoin de resserrer la laisse (comme il dit si bien). 

Maître n'est pas de nature strict. Au contraire, il est même de nature très tolérant et patient. Cette tolérance provient d'une bienveillance et une attention que je dirais, limite exemplaire (oui, je suis toujours impressionnée par la tolérance et la patience de Maître). 
Comme nous, Maître peut avoir aussi ses hauts et ses bas. Connaissant son rythme de vie quotidienne, je sais à l'avance, dans la semaine, si Maître va être d'humeur ou pas... Quand Maître est d'humeur, sa tolérance et sa patience sont à son maximum. Quand Maître n'est pas d'humeur, il est un peu plus intransigeant. 
Nous avons nos petits rituels et parmi ceux-là, quand je ressens qu'il a un grand besoin de décompresser, j'ai pour habitude de lui rappeler qu'en cas de besoin il y a le mode "punching-ball". Non non, Maître ne va pas me ruer de coups jusqu'à essoufflement et que je finisse en K.O. Cela ne fait pas partie de nos visions et encore moins de nos pratiques. Je peux avoir un petit côté maso, certes mais il ne faut pas abuser ! Le mode punching-ball, c'est un code pour indiquer à Maître pour que je comprenne qu'il vaut mieux que je sois sage. C'est un code pour donner la possibilité à Maître d'être plus librement moins tolérant qu'habituellement. On pourrait trouver étrange que je puisse donner ce genre de feu vert à Maître : non, du tout. Avec la bienveillance de Maître, il faut au mieux pour être le plus juste possible et être strict n'est pas dans sa nature. Ce code entre nous, lui permet alors de faire une exception et d'oser de resserrer la vis, de profiter de mon côté maso, de me rendre plus docile. 


Un week-end pas comme un autre, à distance, Maître s'est servi du mode punching-ball tout un après-midi non stop. Habituellement, ça dure une heure ou deux... Là, c'était beaucoup, beaucoup, beaucoup plus long et très intense. 
C'était la première fois que Maître se lâche autant à distance, en me faisant les montagnes russes entre excitation, frustration et obéissance. Mon côté brat déteste supplier. Il m'en faut beaucoup pour que j'en arrive là. Aucune tolérance : le moindre faux pas suivait d'une remise en place accompagnée de la punition équivalente. Je suis plus habituée à ce que Maître me mette en garde avec une ou deux remises en place. Ce qui m'a valut une sacrée mise à jour du cahier de punitions.
Quand je peux avoir des moments intenses comme ça à distance, même si j'ai pu avoir les autorisations de jouir, l'excitation ne redescend pas de suite. Je redémarre au quart de tours et autant dire que Maître s'est très bien me faire redémarrer très rapidement. Lors de ces moment là, je prends un bain relaxant en fin de journée et j'arrive à reprendre complétement mes esprits. Mais cette fois là, non : interdiction de prendre un bain, uniquement une douche suivi du port des boules de geisha (mais nooooooooon pas ça... ! Euh... ben si). 

Nous en avons reparlé le soir-même : avec le recul, Maître culpabilisait d'avoir eu aucune tolérance. Il trouvait ça trop sévère mais paradoxalement, il a constaté que je n'y étais pas indifférente. Plus il était intransigeant, plus ça m'excitait. Il a quand-même réussi à me rendre aussi "folle" de désir et aussi docile à distance qu'en réel : c'était la première fois. 
Maître n'est pas à l'aise pour le suivi/éducation à distance. Il s'adapte, certes mais je sais que c'est pas son fort. Là, j'avais réussi à lui faire oublier la barrière de la distance. 
Surtout, bien au delà de l'excitation, il s'est rendu compte que son côté strict me rendait plus docile. 
C'est à ce moment là que j'ai avoué ouvertement, que oui, je n'aime pas l'avouer mais qu'il était possible que j'ai besoin aussi de ce "resserrage de vis" de temps en temps. Maître n'a fait que confirmé. Il a même précisé que ce besoin n'était pas ponctuel mais plus régulier. Il a aussi constaté que lui, avait ce besoin d'extérioriser son côté strict, autoritaire qu'il mesure par bienveillance. 
Résultat : Maître a conclu que le suivi avait besoin d'être évolué. Il allait réfléchir de quelle manière mais pour sûr, je peux commencer à dire au revoir à sa légendaire tolérance que j'ai pu connaître dès le début de la prise en main. 

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