Savourer la der de 2020
Maître est en déplacement professionnel depuis quelques semaines maintenant. Il passe pas loin de chez moi pour l'aller et le retour mais peu d'occasion de pouvoir s'arrêter.
Savoir qu'il a juste à prendre une bifurcation à droite, à mi-chemin, mais que certaines obligations privées, autant de son côté que du mien l'en empêche, c'est assez frustrant mutuellement mais c'est ainsi.
Depuis une dizaine de jours, là, on sait, que Maître, exceptionnellement, devrait pouvoir se libérer, en rentrant de son déplacement professionnel. On est rassuré, content et excité, rien que d'y penser. De plus, ça tombe bien, de mon côté, ça tombe pendant un week-end où je peux me "libérer" plus facilement aussi.
C'est trop beau pour être vrai.... On apprend à J-3 que le gouvernement a décidé un couvre-feu à partir du vendredi. LE vendredi où Maître devait passer et repartir le lendemain. LE vendredi où c'était "mon" week-end de libre" concernant mes obligations parentales...
Moralement, ce fut un coup de massue pour tout les deux. Par prévention et ne souhaitant pas être hors la loi, difficile de penser à déroger aux règles de ce nouveau confinement. Sans compter, que pour les même raisons, mon "week-end" libre tombe à l'eau, aussi.
Oui, Maître arrive de mieux en mieux à me suivre à distance mais c'est pas pareil quand-même. Ca n'a rien à voir. Ca compense un peu mais rien de vaut le réel...
C'est pas comme si ça faisait plus de deux mois et demi qu'on a pas pu se voir. C'est pas comme si ça faisait deux mois et demi que je n'avais pas pu avoir le plaisir d'être aux pieds de Maître, physiquement. C'est pas comme si ça faisait deux mois et demi que je n'avais pas pu avoir la chance d'être à ses côtés. C'est pas comme si ça faisait deux mois et demi que Maître me manque (et vice versa...).
Situation complexe et délicate : décision complexe et délicate. Je sais d'avance que psychologiquement, je ne tiendrais pas d'ici le début d'année prochaine (et encore, si on est pas reconfiner d'ici là) pour voir Maître. Je lui fais comprendre, qu'exceptionnellement, je suis prête à faire un écart et le recevoir en présence de mes enfants. Je trouverais bien une solution, une excuse pour le plus jeune. Maître est hésitant mais après réflexion, fini par accepter.
J'ai la chance d'être en télétravail (oui, pour moi, c'est une aubaine plus qu'une chance : ça facilite l'organisation privée et professionnelle et donc ça me soulage). De ce fait, j'ai pu mieux m'organiser pour préparer l'arrivée de Maître. J'avais prévenu l'aîné (qui connaît déjà son existence et se connaissent aussi) et le petit. J'avais trouvé le prétexte de dépanner un ami pour la nuit à cause du confinement, tout en veillant aux gestes barrières. C'est passé comme une lettre à la Poste...
Le début de soirée s'est très bien passé. Je cache pas que pouvoir prendre l'apéro, préparer le repas, sans contrainte, sans consigne particulière, en liberté a été appréciable pour moi. C'est déjà compliqué quand les enfants sont pas là alors en leur présence, j'imaginais d'avance la pression.
Bien entendu, ce fut un petit moment de ce qu'on pourrait appeler "vanille" mais ça n'empêche en rien que je reste soumise à Maître en toute circonstance donc oui, je sais aussi restée à ma place. Comme je le dis souvent : il suffit d'un seul regard pour que Maître arrive de "me stopper dans mon élan".
Je sentais bien qu'après le repas, Maître était impatient à ce qu'on puisse se retrouver que les deux...
J'ai savouré chaque instant dès que j'ai refermé la porte de ma chambre. Pour des raisons de discrétions, Maître ne pouvait pas faire tout ce qu'il aurait préféré. Il fallait adapter au mieux, pour qu'en cas de besoin, je sois disponible pour le petit, au minima. Logiquement, il devrait pas se réveiller, se relever mais on est à l'abri de rien. Quand on est parent, il faut toujours être prêt à agir, être efficace pour le bien de l'enfant.
Même si c'était un peu soft à mon goût, j'ai tout fait pour m'appliquer afin de ne pas décevoir Maître. Je me suis appliquée pour qu'on puisse profiter un maximum mutuellement. Je me suis appliquée au mieux pour qu'on savoure cette nuit d'écart par rapport aux circonstances de notre société.
Bien entendu que c'est passé trop vite. Maître était fatigué de ces dernières semaines chargées professionnellement, en ajoutant aussi la conduite, les trajets en voiture.
Pouvoir me réveiller aux côtés de Maître, le voir encore bien endormi, apaisé, loin : ça n'a pas de prix. Sûrement un peu égoïste de ma part, je le laissais dormir autant qu'il en avait besoin. Non seulement, il en a besoin mais ça me permettait de l'avoir auprès de moi encore un peu plus longtemps.
Je savais très bien que Maître devait partir en milieu de matinée. Aucune envie de sortir du lit. Juste envie de rester blottie sous la couette, collée à son flanc, mon bras sur son ventre, baladant mes ongles sur son torse et ma tête posée vers son téton gauche...
Quand Maître est parti, je suis vite redescendue de mon petit nuage. La réalité me frappait assez vite.
Entre le confinement à la noix, plus l'organisation de fin d'année, je savais d'avance que je pourrais revoir Maître que l'année prochaine. Et encore... quand l'an prochain ?? Bonne question !
Je sens que ça va être très long... Vais-je tenir psychologiquement ?
On verra bien d'ici là.

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