Besoin d'appartenance

Les mois se suivent mais se ressemblent pas. 

Le suivi prend ses formes, jour à jour. Les directives, les préférences, les exigences, les consignes apparaissent petit à petit. 

Bien entendu, on continue à faire connaissance. On continue à échanger nos avis, nos opinions, nos horizons, nos points de vue, nos ressentis, voir parfois nos expériences. 
Nos discussions me démontrent qu'on a toujours autant de visions en commun, qu'on est toujours sur la même longueur d'ondes. 
C'est assez hallucinant, à mon sens. Parfois, il m'arrive de me dire que je psychote, que je rêve, que je fabule : qu'avoir autant de visions en commun, c'est pas possible : il faut croire que si ! 

De son côté, il a les même ressentis. Je le sais d'avance et je le vois bien mais je peux pas m'empêcher de m'en assurer. J'ai toujours ce besoin de pouvoir être sûr que je sois à la hauteur de ses attentes et que je puisse encore l'être dans les semaines, les mois, voir les années à venir... 

Cartésienne comme je suis, j'ai du mal à croire au hasard. 
J'ai du mal à me dire que c'est un simple hasard de l'avoir croisé au moment où moralement j'en avais besoin (j'en ai bien conscience) mais pour le coup, j'ai pas envie de me casser la tête et oui, je vais oser dire que le hasard fait bien les choses. 

En parlant de pas se prendre la tête, je m'aperçois, que, contrairement à mes anciens suivis, j'arrive plus spontanément, j'arrive plus à me laisser aller, j'arrive à lui faire confiance, presque une confiance aveugle alors que cela ne fait que quelques mois que nous nous connaissons. 
Cette sensation est très appréciable. Elle laisse passer une certaine légèreté que je ne m'étais pas autorisée depuis fort longtemps. Cependant, il faut aussi garder les pieds sur Terre, pouvoir profiter mais ne pas aller trop vite quand-même. 

Oui, à ce stade de notre relation D/s, je me sens déjà Sienne. Je peux le dire !
Je peux me le dire, oui mais est-ce que je peux lui dire ? Est-ce que c'est le moment de lui en parler ? Est ce que je vais pas le faire fuir si je ne lui annonce ça maintenant ? 
N'est-il pas trop tôt pour oser ressentir cela ? N'est-il pas trop tôt pour que je lâche un peu plus la bride de mon côté ? N'est-il pas trop tôt pour que je laisse place à mon lâché-prise ? 

On est tellement sur la même longueur d'onde que j'ai aucune envie de tout gâcher. 

Une discussion en amenant une autre, il m'a alors confié, sans rien que je demande, que lui aussi, de son côté, il avait ce fort besoin de ressentir que je suis officiellement Sa soumise, que je suis celle qui lui correspond, que je suis la soumise qu'il souhaitait tant avoir depuis des années, qu'une personne soumise qui a autant de visions communes c'est ahurissant et il ne faut surtout pas laisser passer l'occasion. 
De son côté, il avait aussi conscience d'aller peut-être un peu vite et ne voulait surtout pas me faire peur non plus. 
Comme je le dis souvent : la précipitation ne mène à rien... sauf à l'échec.

Je n'hallucinais pas : il avait encore les meme ressentis que moi, au même moment. Comment fait-il ? Il lit dans mes pensées ? Il est télépathe ? Je pense trop fort ? Je m'exprime "trop" ouvertement ? 
Sans même avoir oser lui partager mon ressenti, il avait le même que moi. 

En BDSM, il est très courant d'avoir une marque d'appartenance : un accessoire qui relie l'appartenance entre les deux parties et notamment l'appartenance de la personne soumise envers son Dom/Maître. 
Bien entendu, nous sommes venus à partir de ces signes qui ne sont pas anodins dans nos pratiques. C'est là qu'il m'a partagé que son ressenti que je sois officiellement Sienne était de plus en plus fort de son côté. Qu'il était sûr que psychologiquement parlant, il y avait pas de doute, on savait bien, autant lui que moi, que oui, il avait mon accord et que j'étais Sa soumise. Le temps qui passe ne faisait que confirmer nos choix. 
Cependant, à plusieurs reprises, il a évoqué le souhait de choisir un collier. On y est : LE fameux collier !  

On en a parlé longuement et sa décision a été prise : j'aurais un collier au quotidien qui serait discret mais représentatif pour nous et un collier officiel pour nos entrevues. 
Pour le collier officiel, il savait où chercher et était encore hésitant sur deux ou trois modèles. Pour le collier quotidien, il ramait un peu plus. Je me suis alors proposée de l'aider et de lui donner mon avis afin qu'il puisse se fixer. Et oui : la décision finale lui revient, bien entendu ! 
Après quelques semaines, nous avions enfin trouvés ! 






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